Coryza du chat : pourquoi il éternue et comment le protéger ?
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De
med. vet. Bianca Michoud-Valente - 18 sept. 2025

Qu’est-ce que le coryza ?
Le coryza est un ensemble de maladies respiratoires infectieuses, principalement d’origine virale, causé surtout par l’herpèsvirus félin (FHV) et le calicivirus félin (FCV), mais aussi par certaines bactéries telles que Chlamydophila felis ou Bordetella bronchiseptica. Le virus se transmet via les sécrétions nasales, oculaires et salivaires, souvent lors de contacts directs entre chats, mais aussi par l’environnement (gamelles, litière, textiles). Les chats vivant en collectivité, ceux qui sortent, ainsi que les chatons, les seniors ou les individus immunodéprimés sont particulièrement à risque lors d’une contamination.
Symptômes du coryza
Les symptômes vont être très variable d’un chat à l’autre, selon les agents infectieux impliqués et surtout selon la sensibilité et le système immunitaire de chaque chat :
- Éternuements répétés, avec ou sans écoulement nasal
- Écoulements nasaux et oculaires (clairs ou purulents)
- Yeux larmoyants, rouges, douloureux (œil qui cligne fréquemment ou reste fermé)
- Fièvre, abattement, perte d’appétit
- Toux, bouche douloureuse, salivation excessive, ulcères buccaux ou nasaux (notamment en cas d’infection par le calicivirus)
- Difficulté respiratoire, bruits respiratoires anormaux
Attention, chez le chaton et les individus fragiles, la maladie peut évoluer en pneumonie, provoquer des ulcères sévères empêchant de manger ou causer des atteintes oculaires graves.
Diagnostic du coryza
Tout chat qui éternue n’a pas forcément un coryza. Le vétérinaire envisagera aussi d’autres diagnostics : allergies, rhinite irritative, corps étranger nasal, maladie dentaire, etc. Le diagnostic repose principalement sur un examen clinique approfondi, associé à l’anamnèse (jeune chat, retour de pension, etc.). Parfois, des examens complémentaires sont nécessaires : analyses de sang, prélèvements de sécrétions ou cellules, radiographies, si d’autres causes sont suspectées.
Transmission et contagiosité
Le coryza est très contagieux entre chats. Il se transmet très facilement par les gouttelettes produites lors des éternuements. Mais aussi par le fait de manger dans la même écuelle, se faire la toilette mutuellement, etc… Une contamination indirecte est aussi possible via les objets ou vêtements porteurs de sécrétions virales.
En collectivité, l’isolement strict des sujets malades est primordial pour limiter la transmission.
À noter : le coryza n’est pas transmissible à l’humain !
Prévention du coryza
La vaccination reste la principale mesure préventive, réalisable dès l’âge de 8 à 9 semaines, suivie de rappels réguliers. Le vaccin couvre les souches virales principales (Herpèsvirus, Calicivirus) mais n’élimine pas totalement le risque d’infection ou d’être porteur, d’où l’importance d’une bonne hygiène et d’une observation attentive, même avec un chat vacciné.
L’hygiène et la gestion de l’environnement sont donc primordiaux, en particulier en collectivité (refuges, élevages, pensions, foyers à plusieurs chats, fermes) :
- Nettoyage fréquent des gamelles, litières, coussins
- Aération régulière
- Limiter le nombre de chats dans une même pièce
- Réduction du stress (pouvant affaiblir l’immunité)
- Isolement des chats symptomatiques pour protéger la population
Par ailleurs, lorsque l’on introduit un nouveau chat, il est déconseillé de le mettre subitement en contact avec les autres chats sans période de séparation ou quarantaine.
Et enfin, il existe des compléments alimentaires spécifiques pour renforcer le système immunitaire des voies respiratoires, en particulier ceux à base de L-lysine, recommandés lorsqu’on suspecte un herpèsvirus.
Pronostic du coryza
La plupart des chats guérissent en une à deux semaines avec une prise en charge adaptée. Ensuite, l’immunité acquise après guérison protège le chat contre des récidives. En revanche, chez certains individus, le virus reste dans l’organisme, rendant le coryza chronique avec des rechutes au moindre stress. Dans tous les cas, un suivi vétérinaire reste essentiel.
Que faire en cas d’éternuements fréquents ?
Dès les premiers signes (éternuements fréquents, écoulements, abattement), une consultation vétérinaire s’impose. Le traitement dépendra de la cause et de la gravité des symptômes. Il peut inclure des soins de soutien pour favoriser l’alimentation et l’hydratation, des traitements symptomatiques comme les inhalations ou les soins oculaires, voire des antibiotiques en cas d’infection bactérienne secondaire. Dans certains cas sévères, une hospitalisation ou l’utilisation de traitements antiviraux ou anti-inflammatoires peut être nécessaire.
Conclusion
Le coryza est une pathologie fréquente chez le chat. Éternuements répétés, écoulements et perte d’appétit doivent alerter et motiver une consultation rapide. La vaccination, l’hygiène, une bonne gestion du stress et une prise en charge précoce sont les meilleures armes pour protéger votre compagnon contre cette maladie contagieuse et ses complications potentielles.